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Si vous aimez créer des jeux (web), quelles méthodes devez-vous suivre pour tenter d’en vivre? Quels sont les écueils à éviter? Quelles conséquences au fait de passer d’un loisir à un travail?

Voulez-vous vraiment être un pro du ?

D’abord, posez-vous vraiment la question: voulez-vous vivre de votre jeu? Cela implique d’en faire un vrai travail, avec des obligations qui vont avec. Vous allez devoir vous forcer à vous y mettre, même si vous n’avez pas envie de “travailler” aujourd’hui. Vous allez devoir commercialiser ce jeu. Vous allez devoir faire face à la réalité des coûts. Vous allez devoir vous entourer pour trouver les compétences qui vous manquent. Vous allez même devoir dépenser de l’argent (investir) pour que votre projet décolle. Bref, mieux vaut que vous étudiez cette question plutôt que de foncer tête baisser. N’hésitez pas à y répondre avec l’aide d’autres personnes (créateurs de jeux ou non, sur le net ou dans les salons bien réels), car elles vous aideront à voir clair dans votre projet.

Tout est une question d’argent

Fixez vos objectifs

Pour faire un et vivre de votre jeu, la première chose à faire est de dresser un plan commercial: vous devez savoir combien ce jeu va vous coûter, et combien vous allez devoir en tirer. Il est important de quantifier tout cela proprement, car sinon, vous allez avoir une fausse idée sur la rentabilité de votre jeu web. Cet objectif ne doit tenir compte que de ce que vous voulez faire du fruit de votre travail: à combien estimez-vous vos dépenses quotidiennes et à venir (retraite chômage, famille, etc)? Chiffrez clairement et raisonnablement (avec l’aide de votre relevé de compte!).

Comparez avec le reste du monde professionnel

Maintenant, il vous faut comparer avec le reste du monde: à titre d’exemple, vous pouvez probablement espérer un salaire de 30k€/an dans le monde du jeu vidéo (surtout si vous avez l’étoffe d’un meneur de projet). Est-ce que votre jeu web va pouvoir rapporter autant? Ou est-ce qu’il va au moins vous permettre de ramasser de quoi vivre? Si “non”, alors envisagez plutôt de prendre un métier salarial “peinard”, et de reléguer la création de votre jeu au rang de hobby. C’est personnellement ce que j’ai fait, et ne plus avoir de contrainte commerciale/de rentabilité sur mes jeux les a transformés en de vrais plaisirs! ☺

La loi

Les droits

Votre projet doit être légal pour pouvoir être commercialisé. Exit donc les jeux basés sur une licence, connue ou non, dont vous n’avez pas les droits. A défaut, pour en faire votre métier, vous allez devoir d’abord convaincre ces ayants-droits de vous autoriser par écrit à faire ce jeu. Sans cela, votre projet pourra s’arrêter net à tout instant. Si vous décidez d’éviter cela en créant votre propre univers de jeu, alors n’oubliez pas que cela aura un surcoût non seulement au niveau de la création du projet (il faudra tout inventer) mais aussi au niveau de sa diffusion (il faudra vous faire votre propre place, et non pas profiter de celle déjà creusée par la licence que vous vouliez reprendre). Si les petits jeux amateurs reprenant des licences connues sont souvent laissés en paix par les ayants-droits (parce que ces derniers l’ont décidé: ce n’est pas un droit du jeu mais une largesse des ayants-droits), un jeu professionnel sera plus facilement la cible de leurs avocats.

Un “professionnel” fait tout par écrit: les négociation restent évidemment orales, mais un document écrit doit résumer les accords passés et être signé par toutes les personnes concernées. Cela protègera tout le monde: vous et vos partenaires.

Le statut légal

Un projet est, par définition, une entreprise. Mais il vous faudra lui donner un statut légal pour en faire votre métier. Au départ, rien ne vous interdit de rester dans votre statut actuel (étudiant, chômeur, salarié, etc). Vous aurez toujours la possibilité de changer de statut plus tard, quand vous voudrez encaisser vos premières ventes. Toutefois, si vous souhaitez vraiment faire de votre jeu un métier, mieux vaut montrer votre sérieux et vous investir à fond dès le début. Il est donc plus intéressant de trouver un cadre légal au plus tôt, surtout que cela fédèrera votre éventuelle équipe.

L’auto-entreprise

Un statut simple, qui se crée en quelques minutes, et qui ne coûte rien (vous ne payerez d’impôt que sur votre chiffre d’affaire c’est à dire qu’après le premier euro empoché). Je ne pense personnellement pas que ce statut soit viable pour vivre véritablement de ses jeux web car ce genre de projet requière beaucoup de compétences dans bien des domaines, et il sera probablement plus viable de monter une équipe et une SA plutôt que de vouloir se lancer dans son coin.

La SAS/SASU

Un statut apparemment adapté pour un projet de cette envergure. Il vous permettra de vous associer avec d’autres membres fondateurs (sinon, seul, vous ferez une SASU), ce qui me semble essentiel pour qu’un projet de jeu web soit économiquement viable. Vous pourrez aussi recruter, comme n’importe quelle entreprise, mais vous aurez également des charges plus lourdes, même sans chiffre d’affaire. En revanche, contrairement au statu d’autoentrepreneur, vous ne mettrez pas en jeu votre patrimoine personnel, seulement votre investissement initial.

La SARL

Un statut plus adapté aux industries qu’aux sociétés de service dont votre entreprise de jeux fera partie. A éviter, au profit de la SAS.

L’association à but non-lucratif

Un statut tout à fait envisageable pour une équipe développant un jeu à loisir, mais difficile à tenir pour une vocation commerciale, par définition de “non-lucratif”.

Les Conditions générales de Vente

Puisque vous proposez un service (un jeu) payant, alors vous avez besoin d’un contrat de vente (ou CGV). L’essentiel des CGV n’est pas de faire cocher une case aux joueurs, mais de vous assurer qu’ils ont bien compris et acceptés ces conditions (légalement, cocher la case ne suffit plus!). Donc, faites clair, concis, bien présenté, exhaustif et réutilisez les contrats déjà existants si besoin.

Article détaillé sur les Conditions Générales d’Utilisation (CGU)

Rentabiliser

Article détaillé sur la rentabilisation

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